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Les espaces


Sur les espaces

J’aime la densité, quand les gens sont tellement les uns sur les autres qu’on crée des immeubles. Quand le trottoir deviens un instrument contingent, que les routes sont fragmentées et que toutes ces choses ne font que se mélanger. Laissez moi vous raconter.

J’aime comment chaque creux peut devenir une liberté. Un trottoir se fait une voie sans sens de circulation pour les scooter ou emplacement de vente sans restrictions pour les marchands. Une façade oscille entre un présentoir vêtements et à publicités alors que les seuls qui ont le droit à des plantes sont ceux qui peuplent les roof-tops, ceux que je n’ai jamais vu d’en bas.

J’aime ouvrir ma fenêtre le matin et entendre chanter les oiseaux avant que le camions scandant des slogans politiques hurle pour nous réveiller. J’entends surtout le silence de celle qui ne se sont pas encore mises à frotter et qui mangent assises au rez de chaussée. Le soir ce sont le discussions joyeuses des terrassiers d’à côté que j’entends, je retourne à mon lit avant qu’ils retournent à leur foyer.

J’aime comme la nuit peut être un espace de liberté. Dans l’obscurité s’opère une guerre silencieuse entre le de Grab et de 7 eleven. Les buildings sont tout allumés pour que jamais on oublie leur taille si démesurée qui pourrait paraître bien inutile quand ils sont complètements vidés. L’on se penche alors pour regarder les sommets de ces prodigieuses créations découpant un ciel dénoué d’étoiles.

Un conflit existe néanmoins entre le vendeur de tickets de loterie et l’aveugle qui chante pour se nourrir. Heureusement, on retrouve la plupart du temps des gardes à l’uniforme militaires et au petit drapeau placés aux entrées des bâtiments privés. Les riches veulent un bureau au 50e étage et aucun vil citoyen cherchant à faire quelques pièces en bas de sa haute tour. Alors, il paye l’un deux, le dresse comme il se doit et l’occupe à veiller contre ses semblables.

Parce qu’alors, quand on s’assoit entre deux bâtiments une fois la nuit tombée, dans cet espace entouré de lumières artificielles, presque étouffé. Une brise apporte de l’air frais qui fait exister l’arbre tandis que les feuilles matérialisent le vent. Le doux souffle de la nature rappelle calmement à ceux qui tendent l’oreille que si nous avons les ventilateurs elle a la bourrasque, que si nous avons les ampoules elle a le grand soleil. Et alors chaque plante tropical poussant entre les pavés et chaque insecte courant à nos pieds devient un avertissement ; le pluie ne fait que tarder.

Ce vide est un moyen d’expression pour l’homme et la nature. L’oiseau et le camion publicitaire profite du silence, le palmier et le marchand profite du vide, les papillons de nuits et les boutiques profitent de l’obscurité. Dans ces lieux marginaux au cœur de la ville moderne, la nature s’exprime, humaine ou non. Et je crois que j’ai hâte que la pluie tombe.

Cet article est sous licence CC BY 4.0 par l'auteur.